AAEN-CI
Action pour l'Avenir de l'Environnement Naturel - Côte d'Ivoire
Fondation indépendante à but non lucratif, laïque et apolitique 
BP 129    BINGERVILLE   Côte d'Ivoire

Quoi de 9 ? 
Au secours, Ebola revient ! 
Pendant qu’on ne pense qu’au Coronavirus, d’autres virus sont en embuscade. En effet, ce matin 15 août 2021, on annonce un cas de fièvre à virus Ebola à Abidjan. C’est d’autant plus curieux que la dernière flambée de la maladie en Afrique de l’Ouest, qui avait fait de nombreux ravages, tant humains qu’économiques, a été récemment déclarée officiellement terminée le 19 juin (malgré la réapparition de quelques cas en 2021). Grâce à des mesures idoines, la Côte d’Ivoire avait été épargnée, et aucun cas n’y avait été diagnostiqué.  
Le récent cas, découvert par l’institut Pasteur de Côte d’Ivoire sur un prélèvement effectué le 13 août au CHU de Cocody, concerne une jeune fille venue de Guinée, entrée sur le territoire ivoirien le 11 août et hospitalisée le 12 au soir. Les autorités annoncent avoir isolé la malade (dans le service spécialisé du CHU de Treichville), identifié et vacciné les personnes en contact, disposer de suffisamment de doses de vaccins pour faire face au problème, et avoir remis en vigueur certaines des mesures de contrôle qui avaient permis d’éviter l’entrée du virus sur le territoire lors de la dernière épidémie en Guinée et au Libéria.  
Par ailleurs, le Gouvernement ivoirien précise que les mesures barrières appliquées pour le Covid sont aussi valables pour Ebola et incite donc à les appliquer de manière scrupuleuse. Au 1er septembre, le cas unique bien identifié, localisé et isolé, a été déclaré guéri (plusieurs tests négatifs), les cas contacts retrouvé et le personnel soignant a été vacciné. L'alerte est donc passée...
La Côtière, route de tous les dangers 
Nous avions déjà mis en garde face à l’état de dégradation avancée des routes ivoiriennes, constituant un frein considérables à l’activité touristique et un handicap économique certain pour des régions enclavées de fait
Bien que l’actualité ait fait passer ce genre de problème à l’arrière-plan, Le Monde vient de rappeler que ce douloureux problème persiste. L’approche de la CAN ivoirienne y est-elle pour quelque chose ? Toujours est-il que le journal a publié une série de 5 articles en ligne intitulée «La Côtière, route de toutes les galères», accessibles via les liens ci-dessous.
Des véhicules font du slalom entre les bourbiers sur la Côtière, entre Fresco et Sassandra (photo prise le 16 avril 2017)
C’est pour nous l’occasion de rappeler aux futurs visiteurs de la Côte d’Ivoire d’être extrêmement circonspects vis-à-vis de certains « acteurs » très douteux du tourisme qui proposent (en ligne ou ailleurs) des circuits manifestement infaisables, avec la visite de tout le littoral en 3 jours, ou, pire encore, une excursion dans le Parc National de Taï. En effet, il faut compter une journée entière pour faire le trajet d’Abidjan à Sassandra par la route, 4 à 6 heures pour aller de Sassandra à San Pedro par le même chemin, le tout en prenant des risques considérables, notamment de pannes mécaniques. Dans le temps prévu par ces opérateurs du virtuel (qui ne savent manifestement pas de quoi ils parlent), vous aurez juste le temps d’un arrêt-pipi au voisinage de chacune des grandes villes d’intérêt sur le trajet (Grand Lahou, Fresco, Sassandra), mais pas de visite de site ou de balade en pirogue dans les mangroves. Notez que les personnes qui s’expriment dans la série du « Monde » sont pour la plupart des gens que nous connaissons et avec lesquels nous avons des partenariats. Nous ne proposons rien que nous n’ayons personnellement fait et validé. Ainsi, si notre site ne parle pas du Parc National de Taï, c’est parce que nous avons fait le chemin nous-mêmes et nous avons considéré que nous ne pouvons pas faire la promotion d’une telle destination et imposer une telle galère à nos visiteurs (même s’ils sont amateur d’aventures !). Nous avons constaté qu’il faut 2 journées pleines et un véhicule adapté, à toute épreuve, pour y accéder à partir d’Abidjan, aussi bien par la voie Nord (via Duékoué, Guiglo, Zagné et Taï) que par la voie Sud (via San Pedro et Grabo). Le trajet entre Taï et Djiroutou (accès à l’écolodge), long de 60 km, se parcourt en un minimum (très optimiste) de 4 heures ! Outre la route, proprement infernale, les conditions d’hébergement de de restauration sont indignes, et les conditions d’accès au parc par l’OIPR sont léonines et inadaptées à l’intégration dans un programme personnalisé. Alors si vous vous trouvez face à un opérateur qui prétend vous faire visiter le parc national de Taï et faire guili-guili avec les Chimpanzés en une demi-journée, vérifiez bien que celui-ci dispose d’une flotte d’hélicoptères bien entretenus et de pilotes parfaitement aguerris, sinon, surtout si la proposition est à vil prix, fuyez ! Quant aux propositions en ligne, y compris celles de l’OIPR lui-même), il ne faut pas les prendre au sérieux, la plupart n’incluent pas le déplacement pour arriver aux portes du parc. 
De même pour ce qui concerne le parc de la Comoé, au Nord-Est de la Côte d’Ivoire, qui recèle un biotope et une faune de savane analogue à celle des parcs kényans ou sud-africains, nous n’y allons pas en raison des conditions d’hébergement et surtout de l’insécurité croissante. En effet, proche de la frontière avec le Burkina Faso, le Parc de la Comoé est considéré comme un repaire de terroristes (et sans doute aussi de braconniers). Nous ne voulons pas faire courir à nos visiteurs (pas plus qu’à nous-mêmes) les risques inhérents à cette situation. 
La Fondation AAEN-CI a reçu l'indispensable agrément ministériel
La décision est publiée au Journal Officiel.
 
« Tout vient à point à qui sait attendre », le dicton se vérifie une fois de plus pour la Fondation AAEN-CI...

En effet, notre Fondation  vient de recevoir, sous la forme de l’arrêté n°  0761/MATED/DGAT/DAG/SVDA du Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation en date du 12 août 2020, l'agrément tant attendu, suite au dépôt de son dossier au début 2015 (récépissé n°624/DRG du 09 mars 2015). Pour tout dire, sans cet agrément, notre Fondation était quasiment une coquille vide, puisqu’elle ne pouvait pas mener d’action concrète de grande envergure sur le terrain et restait en quelque sorte « informelle ». Avec cet agrément, qui marque l'aboutissement de sa procédure de constitution, elle dispose désormais de l’autorisation de fonctionner, ainsi que de tous les avantages et facilités inhérents à son statut. Cela signifie aussi qu’elle est désormais reconnue auprès des Autorités et que ses démarches vont bénéficier d’un poids réel, y compris à l’international. C’est donc avec une joie non dissimulée que la Fondation AAEN-CI a reçu cette onction officielle qui va lui permettre un démarrage effectif. Plusieurs projets vont donc enfin pouvoir sortir des cartons et prendre forme.

L'arrêté n°0761/MATED/DGAT/DAG/SVDA portant autorisation et fonctionnement d'AAEN-CI a été publiée au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire
Numéro spécial - Soixante-deuxième année N°17 du Vendredi 2 octobre 2020, page 148.
La fin de l'année dans les médias 
 
Tout le monde connaît la série «Les routes de l’impossible», série de documentaires thématique diffusée sur certaines chaînes francophones. Grâce à elle, on s’amusait,  s’étonnait, s'indignait des galères vécues par les transporteurs et leurs clients sur les routes forestières et/ou montagneuses de RDC, de Madagascar et d’ailleurs, au gré des bourbiers, glissements de terrain, chutes d’arbres, obstacles et ouvrages d’art primitif, ainsi que des ennuis mécaniques subséquents et des expédients prodigieux pour y remédier.  
Lorsque nous avions parcouru le grand ouest, en mai 2017, dans notre ambition d’intégrer le parc national de Taï à nos programmes écotouristiques, et que, en particulier, nous avions fait l’itinéraire de Guiglo à Tabou (avec un paroxysme entre Taï et Djiroutou), nous nous disions qu’on n’était pas très loin de ce spectacle qui nous faisait sourire, et que cela aurait mérité un épisode de la série. [voir ici

Les routes de l’impossible débarquent en Côte d’Ivoire ! 
Eh bien voilà, c’est chose faite (et je vous jure que nous n’y sommes pour rien !). Diffusé sur France 5 le 20 décembre 2020, l’épisode intitulé «Les routes de l'impossible-Côte d'Ivoire: or et cacao, pour quelques pépites» expose durant 52 mn les malheurs au quotidien de la population du grand ouest.  
Fort bien fait, le documentaire se déroule intégralement dans la Côte d’Ivoire profonde. Contrairement aux autres, on n’y voit pas une seule image d’Abidjan, ni de la forêt du Banco qu’on montre aux visiteurs en leur faisant croire qu’elle est «vierge» et que les millions d’hectares de forêts de Côte d’Ivoire sont tous comme ça, ni du port (pourtant terminus ultime des marchandises laborieusement transportées) pourtant cité plusieurs fois dans le commentaire, mais on ne sait pas si c’est d’Abidjan ou de San Pedro qu’il s’agit, mais le passage par la Côtière (anonyme, et rebaptisée dans le film « route nationale »), bien reconnaissable par son bitume résiduel et le slalom obligé entre les nids d’autruche, suggère qu’il s’agit d’Abidjan, rien que du naturel, de l’authentique, du 100% bio. Bref tout ce que vous avez voulu savoir sur le quotidien des ivoiriens de l’intérieur sans oser le demander. On peut encore voir se documentaire sur le site de la chaîne à l’adresse https://www.france.tv/france-5/les-routes-de-l-impossible/2141177-cote-d-ivoire-or-et-cacao-pour-quelques-pepites.html jusqu’au 19 janvier. Dépêchez-vous, il n’y en aura pas pour tout le monde ! 
Captures d'écran du documentaire "Les routes de l'impossible". La forêt sacrifiée sur l'autel du cacao y est montrée sans complaisance...
Bizarrement (?), cette sortie est passée totalement inaperçue dans les médias ivoiriens ou ivoirophiles. C’est clair qu’au moment où nos autorités sont dans l’autosatisfaction d’un bilan qu’elles jugent mirobolant et qui justifie à leurs yeux toutes les outrances constitutionnelles et verbales, ce document assez cru représente une vilaine pierre dans leur jardin. Mais on ne peut cacher le soleil avec la main, et ce silence montre, s’il le fallait, à quel point ces populations sont abandonnées et livrées à elles-mêmes. Car le film fait quelques incursions en dehors des routes et révèle des réalités peu reluisantes au plan environnemental, social et humain. Les forêts dévastées par la cacaoculture (le commentaire dit même « sacrifiées »), et pire encore, le sol éventré par l’orpaillage, sont montrés sans complaisance, notamment avec de remarquables vues aériennes. Parmi les scènes les plus dérangeantes, un gosse de 6 ans affirmant travailler sur un site d’orpaillage pour payer ses petites fournitures scolaires… 
... tout comme sont plus que suggérés les invraisemblables dégâts causés par un orpaillage qu'on ne peut plus considérer comme clandestin, tellement il est peu discret et impacte violemment les populations./
L'une des scènes les plus dérangeantes du film, captée sur un site d'exploitation aurifère
Quelques inexactitudes et impasses sont néanmoins à regretter. Par exemple, en ce qui concerne le transport, on regrette que les « apprentis » soient requalifiés d’« assistants » et non pas dénommés comme on les appelle habituellement au pays. Une chape de plomb pèse sur l’organisation anarchique des transports, sur les « gares » et sur tout le petit monde de trafics et racket qui tourne autour, dont les fameux « syndicats ». En ce qui concerne l’orpaillage, on passe aussi sous silence les dommages environnementaux et les problèmes de santé dus aux produits utilisés pour l’extraction chimique de l’or (mercure, cyanure…). 
Malgré tout, ce film sans concession se termine sur un formidable message d’espoir, affirmant le potentiel inestimable d’une population jeune, courageuse et inventive, en espérant qu’il ne sera pas bridé par des freins politiques.  
Un film à ne pas manquer pour tous les citadins, technocrates et autres occupants des bureaux douillet et climatisés.  
La chaîne Voyage disparaît 
Décidément, 2020 aura été une année funeste. Victime collatérale de la pandémie de Covid-19, la chaîne Voyage a cessé ses activités au soir du 31 décembre. L’une des plus ancienne chaînes du groupe Disney n’émettra plus, de même que deux autres chaînes du groupe. Dans la famille il ne reste plus que National Geographic et National Geographic Wild, qui, on l’espère, reprendront certains thèmes chers à Voyage. 
Cette défaillance est probablement liée à la diminution spectaculaire de l’activité touristique, à l’origine d’une baisse considérable des budgets publicitaires du secteur. Même si le gros de l’activité de la chaîne consistait dans la diffusion de documents à fort relent de publicité rédactionnelle, il reste toutefois un important fonds de documentaires fort bien faits, au nombre desquels la série Bons baisers d’Afrique, rediffusée il y a encore peu de temps. On peut imaginer que certains de ces films repasseront sur d’autres chaînes comme TV5 Monde, pour le plus grand plaisir de tous. 
Voilà l'image de la chaîne Voyage depuis le 1er janvier 2021 !
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